Cela fait longtemps que je souhaité réagir par rapport à la grâce évoqué pour les membres de l’arche de zoé condamné par la
justice tchadienne à 8 ans de travaux forcés commués par une peine de 8 ans de prison à purger en France. Le président Tchadien Idris Déby à évoqué dans un entretient diffusé sur
France24 diffusé le jeudi 06 mars 2008[1] qu’il est prêt à gracier ces six condamnés
d’ici à « pas plus de deux mois peut-être, un peu moins d’un mois »[2] celons les mots même du président
tchadien.
Il me semble intéressant de comprendre pourquoi une telle
grâce et de retracer l’histoire de se retournement. En effet le même président tchadien accusait il ya quelques mois ses mêmes personnes de «trafic pur et simple», de «prélèvements d’organes», de «pédophilie» [3], parle aujourd’hui de grâce. Ces premiers propos tenu par le chef de l’état Tchadien ont eu lieu peu de temps après l’arrestation des membres de l’arche de zoé, avant l’instruction, à un moment où peu de
personnes connaissaient tous les tenants et aboutissant de cette opération. « Le chef de l’Etat tchadien [qui] a quelques comptes à régler, notamment avec Michèle Alliot-Marie, qui lui
avait reproché en 2006, à huis clos, de recruter des enfants soldats » [4], a profité de cette situation tant pour solder ses comptes, et pour renchérir sur ce
qui s’annonçait déjà comme un scandale franco-tchadien. Au moment ou l’affaire arche e zoé éclate, Idris Déby se savait en position de force avec le déploiement prochain d’une force
européenne qui doit sécuriser l’Est du Tchad (l’EUFOR)[5]. Quelques mois plus tard, l’instruction est finie
le jugement rendue les français ont été transférés en France la peine et commué et les rebelles viennent d’attaqué la capitale tchadienne N’djamena assiégeant le palais présidentiel.
Après avoir retourné in extrémise la situation
militaire et judiciaire par ses actions dans un premier cas et ses déclarations dans un deuxième. Le 8 février 2008, soit 5 jours après l’attaque de son palais,
« Idriss Déby a affirmé (…) qu'il était prêt à accorder rapidement la grâce si Paris lui en faisait la demande. (…) Mais les avocats des 6
Français ont immédiatement précisé qu'une demande de grâce avait déjà été formulée il y a une semaine et envoyée au Tchad » [6]. Ces propos sont extrêmement
important car ils sous entendent très clairement que la demande de grâce ne sera accepté que si elles transitent par les voie diplomatique ; et se contrairement à l’usage se que rappel
le porte-parole de la présidence française David Martinon « le droit de grâce ne s'exerce que si on le demande, mais ce n'est pas aux
Etats de le demander»[7]. Il est également à noter que cette déclaration intervient alors qu’au « moins 200 pick-up de rebelles tchadiens ont été repérés à
environ 400 km à l'est de N'Djamena, après la jonction entre les éléments qui ont attaqué la capitale »[8] tchadienne les
1er, 2 et 3 février.
Il semble difficile de croire que dans une situation de crise faisant suite à une attaque militaire un président se
préoccupe d’autre chose que des problèmes urgents ! Oui mais voila les deux situations sont peut être plus lié qu’il n’y parait. En effet nombre de déclarations par des officiels
français ont étés faites pour affirmer que la France ne prenait pas par aux combats opposant les rebelles aux forces gouvernementales, affirmant que « les forces du
dispositif Epervier, qui compte plus de 1 400 soldats, ne prennent pas part aux combats. Les avions de chasse lancent tout juste des leurres pour ne pas être
attaqués »[9].
Pourtant les rebelles ont accusé les forces françaises de participer aux combats[10]. « Nous savons juste qu'ils [les troupes
française] ont pris le contrôle de l'aéroport. La France est en train de faire des manipulations qui ne sont positives ni pour elle ni pour le Tchad. Ce n'est pas bon pour l'avenir des
relations entre nos deux pays, selon les propos de Timane Erdimi, 55 ans, est le neveu du président tchadien Idriss Déby » [11] et un des chefs de la rébellion. Les hélicoptères de combats gouvernementaux tchadiens décollaient de cet aéroport tenu et défendu par les troupes françaises et
« Nicolas Sarkozy avait apporté un soutien appuyé à son homologue tchadien Idriss Deby Itno. « Si la France doit faire son devoir (au Tchad), elle le fera », avait-il
annoncé »[12]. Mais il est évident que la France a trainé
les pieds pour fournir son aide, lors de la précédente attaque des mirages français avait attaqué une colonne de rebelles approchant par le même itinéraire, avant même que la colonne ne
menace la capitale. Cette fois ci les nouvelles autorités françaises n’ont pas manqué de retranché derrière les accords signé entre les deux pays pour ne pas intervenir[13].
« Bernard Kouchner, a dit que «La France espère ne pas avoir à intervenir plus avant militairement au Tchad contre les rebelles». [reconnaissant
de ce fait une action et]Hervé Morin « C'est simplement le fait de rappeler aux rebelles qu'il y a cette espèce d'épée de Damoclès, épée de Damoclès qui est rappelée par la communauté
internationale à travers cette déclaration de la Présidence» [14] . Ainsi la France reconnait à demi-mots qu’elle a joué un rôle. Expliquant qu’« il ne s'agit [pas] d'un accord de défense [entre les deux pays], c'est-à-dire d'un
accord qui donnerait à la France l'obligation d'intervenir pour protéger la souveraineté du dit pays » [15]. De fait la France n’a pas un accord de décence mais d’assistance pourtant
« comme Rue89 le révélait en juillet 2007, ces textes secrets prévoient une intervention, à la
discrétion du président de la République française, en faveur des présidents africains qui en font la demande la France "peut" intervenir, mais n’a aucune obligation de le faire. C’est à la
discrétion du président de la République française, seul décisionnaire sur ce sujet. Deuxième point: c’est le chef de l’Etat africain qui formule sa demande "dans une situation
particulièrement grave". Laquelle situation n’est pas plus détaillée: il n’est pas fait mention d’agression extérieure ou de menace quelconque. Les termes restent suffisamment vagues pour
justifier toute demande Troisième point: le commandement des troupes locales et l’usage du feu sont immédiatement transférés à l’officier français envoyé sur place.
Ces textes seraient toujours en vigueur, si l'on en croit du moins les explications données en mars 2006 par le général Henri Bentégeat au Sénat… si la France n'intervient pas, ce n'est pas parce que le cadre réglementaire le lui interdit, mais bien sur une décision politique »[16]. Cela établit donc clairement que les troupes française ne sont pas intervenues (massivement) par la volonté de Mr Sarkozy qui « Au moment même de son mariage avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy, chef des armées, a eu à décider de la stratégie à adopter au Tchad face à l'attaque des rebelles (…) A ce jour, si les informations demeurent contradictoires, il ne fait aucun doute que l'armée française a joué un rôle décisif au Tchad. Tout en recevant un relatif feu vert de la communauté internationale (Union africaine et Nations unies)… (…) selon certaines sources (La Croix du 8 février), l'appui militaire aurait été plus direct, avec la coordination des forces tchadiennes voire la participation aux combats. D'après Le Monde (daté du même jour), Nicolas Sarkozy avait pris la décision de ne pas intervenir directement militairement… Malgré le soutien des Nations unies, l'intervention indirecte, voire directe, des forces militaires françaises témoigne d'une continuité de la politique hexagonale en Afrique »[17]. Ainsi il semble claire que la France a encore une fois jouer un rôle trouble en Afrique même si elle bénéficié d’un relatif soutient international qui aurait pu légitimer une action plus franche ?
Pourtant Hervé Morin a déclaré « il ne s'agit d'un accord de défense, c'est-à-dire d'un accord qui donnerait à la France l'obligation d'intervenir pour protéger la souveraineté du dit pays. Ce qui est certain, c'est que ces forces rebelles étaient du côté de la frontière soudanaise »[18] contredisant de se fait les propos du le général Henri Bentégeat au Sénat[19]. Suite à l’attaque rebelles la France « a à la fois des mirages F1 CR, c'est-à-dire des mirages de reconnaissance, et aussi des Atlantique 2 qui sont des avions de la marine nationale, de patrouille, qui donc survolent la zone, à la fois pour clairement indiquer qu'il n'y a pas de raison qu'une puissance étrangère vienne intervenir sur le territoire tchadien, puisque c'est ce qui était déclaré par Idriss Déby. Et puis, par ailleurs, ça nous permet de pouvoir contrôler et vérifier [et surtout empêché] les interventions soi-disant étrangères » selon les mots même du ministre de la défense[20]. Comment savoir depuis le ciel si des troupes faisant route vers N’djamena sont des troupes rebelles tchadiennes ou étrangères ? Ces patrouilles aériennes ne peuvent donc être interprété uniquement comme une protection française offerte a Idris Déby après que celui-ci ai accordé sa grâce à l’arche de zoé.
Et celui-ci il ne manque pas de le rappeler qu’il « était prêt à accorder rapidement la grâce si Paris [c'est-à-dire le gouvernement Français] lui en faisait la demande »[21]. Comme le note un opposant « M. Déby, une fois son fauteuil sauvé, ne s’est-il pas empressé d’annoncer son intention de gracier les Français de l’Arche de Zoé Est-ce un renvoi d’ascenseur à la France pour son soutien de dernière minute? »[22].
Bien sur il convient de faire attention aux lectures rétrospectives des événements notamment au sujet de la « France-Afrique » [23]. En effet si il est évident que la France entretient avec le contient de nombreuse relations troubles, chacun peut voir dans cette expression aujourd’hui très répandue ce qu’il veut. En effet les troupes françaises seraient intervenue massivement on aurait décrié leur action comme une expression de plus de la « France-Afrique » sauvegardant les intérêts nationaux. Elles ne seraient pas intervenue elles auraient provoqué la chute d’un chef d’état qui a humilié Mr Sarkozy (avocat de profession) en lui rappelant que la justice Tchadienne est censé être indépendante et certainement pas aux ordres de la présidence française[24]. Mais entre deux moindre mal Mr Sarkozy a choisit les deux !
Par ce choix du pire nous sommes loin des déclarations d’intension de Hervé Morin : « Je partage avec vous la conviction que la politique africaine de la France a, depuis les années Foccart, mené un cours particulier, peu lisible, manquant de transparence et empreint de clientélisme. "Ces relations, marquées par le souvenir de l’époque coloniale et reposant le plus souvent sur des relations personnelles d’homme à homme, n’ont plus lieu d’être aujourd’hui. L’UDF souhaite qu’un nouveau cours soit donné à la politique africaine de la France pour lui donner enfin une vraie transparence, une vraie lisibilité »[25] déclaration proches de celle de l’actuel locataire de l’Elysée lors de la campagne[26]. Il est à noter que Mr Sarkozy a fait une escale à N’djamena controverser tant pour s’enquérir du sort d’opposant tchadiens que pour demander la grâce pour l’arche de zoé[27], et tenir une de ses promesse. En effet lors de son dernier séjour il aurait déclaré revenir au Tchad en Février 2008[28]. Bref essayons de ne pas voir dans cette escale un argument de plus pour la théorie de la « France-Afrique » mais bien sa mort avant le discours du Cap[29]. Mais la rupture de la politique africaine française supposerait à l’actuel président de la république de changer sa politique africaine qui est vécu par de nombreux pays d'Afrique noire comme ouvertement un "néo-colonialisme"[30].
[1] http://www.france24.com/fr/20080306-talk-de-paris-idriss-deby-itno-president-tchad-rebelle-soutien-regime
[2] Idem.
[4] Idem.
[5] Idem.
[6] http://www.europe1.fr/informations/articles/798802/tchad--idriss-deby-n-exclut-pas-de-gracier-les-francais-de-l-arch.html
[7] Idem.
[15] Idem.
[20]Idem.
[21] http://www.europe1.fr/informations/articles/798802/tchad--idriss-deby-n-exclut-pas-de-gracier-les-francais-de-l-arch.html